Je crois au désir qui transforme l'être, qui le constitue et le révèle à lui même. Je crois au silence scientifique des salles d'autopsie. Je crois aux pensées qui ont l'odeur chaude et cuivrée d'un réveil electique. Je crois aux lèvres et aux langues qui suivent les lignes géométriques de la jambe ou du pied d'un corps laissé dans l'expectative. Je crois à la réalité mensongère des images télévisées, au scintillement métaphisyque des parasites en fin de programme. Je crois aux pouvoirs des couleurs, à la mouvance des formes et à leur inertie. Je crois au besoin de faire le tri. Je crois au plastique et à son invulnérabilité apparente. Je crois au sexe livré à lui-même à sa nature plurielle, aux possibilités infinies de les organiser.
 
 
Je crois à Francis Bacon, William Burroughs, Mantegna, Picasso, Andy Warhol, à la cité radieuse, Rosa liksom, J.G Ballard, au parc de la Villette, à Henri Laborit, Philip Glass, Ucello et Stanislas Lepri… Je crois à la démence subite et meurtière des hommes et des femmes égarés sur un quai de métro. Je crois aux rêves intérieurs des insectes, à leurs terribles possibilités latentes, aux messages secrets que portent leurs antennes. Je crois à la force esthétique des armes à feu. Je crois aux frémissements, à l'horreur, aux ténèbres, à la mastication silencieuse des poissons. Je crois à la poésie des piscines et des bassins. Je crois au vernis à ongle, au contenu des sacs à main, au pouvoir de transfomation des chaussures, aux cheveux mouillés.